Mon Tro Breizh C'est quoi le Tro Breizh ?

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Un petit peu d’histoire : Le Tro Breizh

 

En route pour un grand « Tour de Bretagne » sur les Chemins du Tro Breizh ® !
Une belle boucle de près de 2000 kilomètres à accomplir en plusieurs fois ou d’une seule traite…
Un périple séculaire qui vous entraîne au cœur de l’histoire de la Bretagne entre landes sauvages, bruyères
colorées, chemins creux, bords de mers à vous couper le souffle, lambeaux de brumes, menhirs
silencieux, fabuleux patrimoines, mystérieuses légendes…

Le Tro Breizh n’est pas une marche comme les autres, il n’y a pas de lieu à rallier,  seulement une boucle à boucler. Chacun trace son chemin en glissant ses semelles dans les pas des Saints Fondateurs de la Bretagne, avant de revenir au point de départ…transformé !

Le Tro Breizh ou l’histoire d’une boucle à boucler

Le Tro Breizh, c’est le « Tour de la Bretagne », le « Pèlerinage aux Sept Saints » dont l’origine remonte au Moyen-Age et plonge ses racines au cœur des  traditions pré-chrétiennes et des cultes druidiques. Il fut presqu’aussi important que ceux de Rome, de Jérusalem et de Saint-Jacques de Compostelle ! Autrefois, les pèlerins se mettaient en route 15 jours avant les Fêtes de Pâques, de Pentecôte, de la Saint Michel ou bien encore de Noël pour accomplir cette boucle historique en un mois…sur les pas des Sept Saints !

 

Le Tro Breizh depuis la nuit des temps


Je clique ici pour découvrir l’histoire du Tro Breizh® depuis la nuit de temps…

 

Le Tro Breizh des Sept Saints

Ce sont des migrants qui ont fait la Bretagne ! Il y a toujours eu, aussi loin que la mémoire remonte, des voies de communication et des échanges commerciaux entre la Bretagne (Grande-Bretagne actuelle) et l’Armorique (Bretagne actuelle).

A partir du 3ème siècle après Jésus-Christ, des populations déplacées de Bretagne sont venues militairement au secours de l’Empire Romain qui avait bien besoin de troupes en Armorique afin de résister aux incursions des pirates pictes, scots, saxons et autres frisons.

Entre le 5ème et le 7ème siècle après Jésus-Christ, ce sont des communautés entières, des clans, sous la conduite de moines, de « Saints », bien souvent issus de familles dirigeantes, qui traversent la Mor Breizh (La Manche) pour s’installer dans une Armorique désormais prête à les recevoir. Les raisons de cette seconde migration sont plurielles mais somme toute assez cohérentes :

  • la déromanisation de la Bretagne a réveillé les conflits entre chefs rivaux , les Saxons alors appelés à la rescousse sont devenus un tantinet envahissants,
  • le baptême de Clovis a ouvert une période de « franche » alliance avec les Bretons et facilite les « traversées »,
  • L’existence d’un « Royaume Double » permet aux bretons d’installer d’un côté comme de l’autre de la Manche de petites monarchies territoriales,
  • le tout sur fond de zèle missionnaire et évangélisateur du monachisme celtique…

Les pèlerins du Tro Breizh honorent donc 7 de ces Saints Fondateurs en un « Tour de Bretagne » des Cathédrales que chacun d’eux contribua à fonder : Saint Paul Aurélien à Saint-Pol-de-Léon (29), Saint Tugdual à Tréguier (22), Saint Brieuc (22) et Saint Malo (35), Saint Samson à Dol-de-Bretagne (35), Saint Patern à Vannes (56), Saint Corentin à Quimper (29).

 

 

Le Tro Breizh, passeport pour le paradis

Une vieille légende bretonne affirme que tout breton qui accomplit le Tro Breizh de son vivant est certain de gagner son paradis. En revanche, s’il ne l’accomplit pas de son vivant…il devra le faire après sa mort en avançant chaque année de la longueur de son cercueil ! Tout un programme…

 

Le Tro Breizh, une boucle au soleil levant

C’est certain, le Tro Breizh n’est pas une randonnée comme les autres, c’est un périple sacré ! Sur le chemin, il n’y a pas de lieu à rallier mais une boucle à boucler… C’est un itinéraire qui encercle et ensemence la Bretagne tout en redisant son histoire et son identité. Et parce que « faire le Tro Breizh » c’est aussi  aller creuser au fond de soi-même son petit sentier d’intériorité, impossible alors de rentrer chez soi comme on était au moment du départ ! Les kilomètres et les rencontres ramènent à l’essentiel et fournissent un « dépoussiérage » ô combien salutaire…

D’autant que le Tro Breizh prend depuis des siècles le soleil levant comme cap pour faire la route et la rotation des horloges pour en indiquer le sens… Revenir là où sa vie s’origine, là où tout se lève, là où tout jaillit et se construit, là où tout est à nouveau possible. Laisser partir ce qui n’est plus dans les bras de l’Ankou qui rôde avec sa charrette sur les chemins creux du Tro Breizh, faire advenir ce qui pousse en soi, tracer son propre chemin, arracher du temps au temps… La vieille boucle fabrique des pèlerins tout neufs !

 

Tro Breizh à 7 ou Tro Breizh tout 9 ?

En 831, Louis le Pieux, fils de Charlemagne, nomme Nominoë, un breton d’origine aristocratique, Comte de Vannes et envoyé de l’empereur en Bretagne. Nominoë, tout en devenant « le Roi des Bretons » établit alors sa métropole à Dol-de-Bretagne et y rattache les six autres évêchés dont il nomme les Evêques.

S’affranchissant ainsi de l’Eglise de Tours, il gagne son indépendance vis-à-vis du pouvoir carolingien, fonde le Royaume de Bretagne, en trace les frontières, lui donne une âme en s’appuyant sur les * circumambulations païennes, en reconnaissant la primauté des Sept Saints Fondateurs et en fédérant les Bretons autour d’un territoire désormais sacralisé.

Le « Pèlerinage aux Septs Saints » est né et avec Erispoé, son fils, ce sont les Comtés de Rennes et de Nantes qui viendront dessiner les contours d’une Bretagne désormais devenue historique et d’un « Pèlerinage aux Neuf Saints » vénérant également Saint Melaine à Rennes (35) et Saint Clair à Nantes (44).

* circumambulation : un mot savant juste pour dire que l’on marche autour…

 

 

Le saviez-vous ?

Les Gaulois adoraient sept dieux frères qu’ils célébraient sur sept collines sacrées, lointaines aïeules du pèlerinage aux Sept Saints de Bretagne, toutes situées à proximité de l’itinéraire actuel du Tro Breizh ® (Mont Dol, Mont Saint Michel, Mané Gwen, Ménez Hom, Saint Michel de Brasparts, Méné Bré, Ménez Beler)

Sept Saints comme les sept étoiles de la Grande Ourse reliées solidement entre elles et qui dessinent chaque nuit un chariot parcourant le ciel autour de l’étoile polaire tout en se reflétant sur le sol breton à l’exact emplacement des villes de Quimper, de Saint-Pol-de-Léon, de Tréguier, de Saint-Brieuc, de Saint-Malo, de Dol-de-Bretagne et de Vannes. Des étoiles d’où naissent des Cathédrales… Ou quand le ciel épouse la terre et raconte l’histoire des hommes…

Au pied de l’église de Lanrivoaré on trouve un enclos couvert de larges dalles de pierres appelé « Cimetière des 7777 Saints ». Qui sont-ils ? Panthéon des Saints de Bretagne en lieu et place de l’Ermitage de Saint Hervé ? Martyrs chrétiens massacrés par les Normands ? Le chiffre 7 n’en finit pas de signifier la perfection, la totalité, la plénitude et c’est sûrement un peu pour cela que les Pèlerins du Tro Breizh honorent 7 de ces Saints Fondateurs de la Bretagne à l’origine des Diocèses de Quimper, Saint-Pol-de-Léon, Tréguier, Saint-Brieuc, Saint-Malo, Dol-de-Bretagne et Vannes

Entre histoire et légende, les Sept Saints de Bretagne sont mentionnés dans des récits hagiographiques dès le 9ème siècle. On les croise à la cour du roi Childebert ou bien sur les hauteurs d’une montagne d’où ils confirment leur unité ou bien encore dans l’évocation de 7 frères jumeaux. Même le « Roman de Renart » et la « Chanson de Roland » évoquent les Sept Saints de Bretagne

Au 13ème siècle, l’enquête ouverte pour la canonisation de Saint Yves donne la parole à des témoins qui évoquent tous le pèlerinage aux Sept Saints de Bretagne effectué par voie terrestre ou maritime

Au 14ème siècle, ce sont 35 000 personnes soit 5% des bretons qui chaque année s’élancent sur les Chemins du Tro Breizh ®. C’est à cette époque également que le « Circuitus Septem SanctorumBritanie » (Pèlerinage aux Septs Saints de Bretagne) prend le nom de Tro Breizh

De 7 on passe à 9 « saints patrons de la Bretagne et fondateurs des 9 évêchés » avec l’historien Pierre Le Baud au 15ème siècle. Désormais il faut compter avec Rennes et Nantes quand on pose ses semelles sur les Chemins du Tro Breizh ®

En 1505, la Bretagne accueille triomphalement la Duchesse Anne qui entreprend le Tro Breizh et accomplit ainsi fidèlement la promesse faite à Dieu s’il épargnait la vie du roi Louis XII, son mari. Partie de Nantes, elle rejoint Vannes puis passe Quimper, Locronan, Le Folgoët, Brest, Saint-Pol-de-Léon, Morlaix, Saint-Jean-du-Doigt, Tréguier, Saint-Brieuc, Lamballe et Dinan où elle met fin à son périple.


Le Tro Breizh — « le Tour de Bretagne » en breton — est l’un des grands pèlerinages de l’Occident médiéval. Il relie en un circuit les sept cathédrales des saints fondateurs de la Bretagne : Saint-Brieuc, Saint-Malo, Dol-de-Bretagne, Vannes, Quimper, Saint-Pol-de-Léon et Tréguier. Parcourir ce chemin, c’est suivre les traces des sept évêques missionnaires qui, venus des îles britanniques entre le Vème et le VIIème siècle, ont évangélisé la péninsule armoricaine et posé les fondements de la Bretagne chrétienne.

Aujourd’hui comme hier, le Tro Breizh est bien plus qu’un itinéraire religieux. C’est aussi  l’histoire de la Bretagne, à travers ses paysages, son patrimoine et son identité.

Les Sept Saints : qui sont-ils ?

La tradition bretonne vénère sept saints évêques comme les fondateurs spirituels de la Bretagne. Originaires de Grande-Bretagne ou d’Irlande, ces moines missionnaires ont traversé la mer pour s’établir en Armorique, fondant monastères, paroisses et évêchés qui structureront durablement le territoire breton.

Chacun est associé à une ville épiscopale :

Ces sept saints ne forment pas un groupe historique constitué : ils n’ont pas tous vécu à la même époque ni se sont nécessairement connus. C’est la tradition religieuse et mémorielle qui les a réunis sous cette bannière commune, à partir du XIIème siècle, pour incarner l’unité spirituelle de la Bretagne.


Les origines du pèlerinage : une construction médiévale

Un culte né des reliques

L’origine du Tro Breizh est étroitement liée au culte des reliques, pratique centrale de la religiosité médiévale. Vénérer les restes d’un saint, c’est s’approcher du sacré, obtenir des grâces et espérer le salut. En Bretagne, ce culte est plus ancien encore que les pardons, ces assemblées de piété qui rythment encore aujourd’hui la vie religieuse bretonne.

Entre la fin du XIIème et le XIIIème siècle, les reliques des saints fondateurs sont progressivement ramenées dans leurs cathédrales respectives — un retour solennel qui déclenche un afflux de pèlerins vers chaque siège épiscopal.

C’est dans ce contexte que naît l’idée d’un circuit reliant l’ensemble de ces lieux saints.

L’ombre de Dol-de-Bretagne

Le Tro Breizh est indissociable d’une grande querelle ecclésiastique : celle de la métropole de Dol. Pendant des siècles, l’évêché de Dol a prétendu exercer une autorité métropolitaine sur l’ensemble de la Bretagne, se posant en primat des évêques bretons avec saint Samson comme figure tutélaire. Cette prétention fut finalement rejetée par Rome à la fin du XIIème siècle, Dol perdant son rang de métropole au profit de Tours.
Le Tro Breizh semble alors avoir cristallisé la mémoire de cette organisation ecclésiastique disparue. En reliant les sept cathédrales en un seul circuit, le pèlerinage perpétuait symboliquement l’unité bretonne autour de Dol et de saint Samson, comme si l’Église de Bretagne continuait d’exister en marchant.

Les premières traces écrites

Les sources attestant du culte des Sept Saints remontent au XIIème siècle. On les trouve dans des manuscrits variés :

Le manuscrit Paris, BnF, Latin 5275 (XIIIème siècle) liste les sept saints dans un codex enluminé, confirmant que la liste s’applique bien à la métropole de Dol.

L’Explanatio Prophetiae Merlini Ambrosii (composé entre 1167 et 1174) mentionne les « Sept Saints de Bretagne » (septem Britanniae sancti), témoignant d’une tradition déjà établie à cette époque.

La Chanson de Roland, dans l’une de ses versions manuscrites, contient une référence aux saints bretons, signe que leur renommée dépasse les frontières de la péninsule.


La croyance populaire : marcher ou errer

Le Tro Breizh est porté par une croyance forte, profondément ancrée dans la culture bretonne. Tout Breton qui n’aurait pas accompli le pèlerinage de son vivant serait condamné à le parcourir après sa mort — mais en n’avançant que de la longueur de son cercueil à chaque année écoulée. Un voyage post-mortem qui pourrait durer des siècles.

Cette croyance explique en partie la pratique du pèlerinage par procuration : des pèlerins professionnels accomplissaient le Tro Breizh au nom des défunts ou des personnes dans l’incapacité de marcher. L’écrivain Anatole Le Braz, qui collecta les traditions bretonnes à la fin du XIXème siècle, rapporte le cas d’une certaine Jacquette Craz qui s’était mise en route plus de soixante fois pour le compte des morts.


Un pèlerinage qui traverse les siècles

Le Moyen Âge : naissance et essor

Aux XIIIème et XIVème siècles, le Tro Breizh connaît son âge d’or. Le retour des reliques dans les cathédrales bretonnes attire des foules de fidèles. Le pèlerinage s’organise d’abord autour de chaque évêché — les habitants d’un diocèse se rendent en pèlerinage à leur cathédrale — avant que l’idée du grand circuit complet ne s’impose progressivement.

La dévotion aux Sept Saints trouve un écho dans tout l’art médiéval breton : vitraux, sculptures, enluminures de manuscrits les représentent groupés, formant une image de l’unité de la Bretagne chrétienne.

Le déclin moderne

À partir du XVème et surtout du XVIème siècle, le Tro Breizh perd de son ampleur. Les guerres, les épidémies, les bouleversements religieux de la Réforme et les transformations de la société affaiblissent les grandes pratiques pèlerines. Le pèlerinage se réduit à quelques dévots isolés, puis tombe progressivement dans l’oubli.

Au XIXème siècle, il n’en subsiste plus que des traces mémorielles — quelques récits, quelques pratiques résiduelles — et la croyance populaire sur le sort des Bretons défunts.

La renaissance contemporaine

C’est au XXème siècle que le Tro Breizh renaît, porté par un renouveau d’intérêt pour l’identité et le patrimoine bretons. L’association Les Chemins du Tro Breizh relance le pèlerinage sous une forme organisée, proposant chaque année d’en parcourir un tronçon différent, de sorte que le circuit complet soit bouclé sur plusieurs années.

Aujourd’hui, le Tro Breizh réunit chaque été des milliers de marcheurs — croyants, curieux, randonneurs, passionnés de culture bretonne — sur un itinéraire d’environ 1 000 kilomètres. En quelques étapes ou en plusieurs saisons, chacun peut à son rythme accomplir ce tour de Bretagne qui traverse des paysages variés, des côtes sauvages aux collines intérieures, en passant par les bourgs et les cathédrales chargés d’histoire.


Pourquoi marcher le Tro Breizh aujourd’hui ?

Le Tro Breizh s’adresse à tous. Pour le pèlerin croyant, c’est un chemin de foi et de recueillement, sur les traces des saints fondateurs. Pour le randonneur, c’est une invitation à traverser la Bretagne dans toute sa diversité. Pour l’amateur d’histoire et de patrimoine, c’est un voyage dans plus de mille ans d’histoire bretonne.

Marcher le Tro Breizh, c’est entrer dans une tradition vivante qui relie le présent au passé le plus lointain de la Bretagne — et peut-être, comme le veut la légende, éviter une bien longue errance après la mort.